À Sébastopol, les soldats ne risquent pas seulement leur vie sous le feu ennemi. Dans les camps, les ambulances et les hôpitaux, un autre adversaire fait des ravages : le choléra.
La maladie se transmet par l’eau ou les aliments contaminés. Or, dans les conditions précaires de la campagne de Crimée, l’eau potable manque, les latrines sont insuffisantes et l’hygiène reste difficile à assurer. Les soldats vivent au milieu d’une accumulation de déchets et d’excréments, tandis que les blessés et les malades sont regroupés dans des installations sanitaires rapidement débordées.
Le choléra peut frapper brutalement. Après une courte période d’incubation, les vomissements et les diarrhées provoquent une déshydratation massive. Dans les formes les plus graves, la mort peut survenir en quelques heures ou quelques jours.
Pour les soldats, cette maladie est d'autant plus terrifiante qu'elle est encore mal comprise. On ne connaît pas encore le rôle du bacille Vibrio cholerae et l'on ignore donc le véritable mécanisme de sa transmission.
En Crimée, le choléra accompagne les armées comme un ennemi invisible. Jean-Urbain Ladet en sera l'une des nombreuses victimes : entré à l'hôpital le 6 août 1855, il meurt neuf jours plus tard, le 15 août, à six heures du matin.
