L'ancêtre du dimanche : Jean Seguin, notaire royal à Soulages

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Dans La Lozère

Le 24 mai 1681 meurt à Soulages « Mre Jean Seguin notaire de Solatges », âgé de « quatre vingt et deux ans ou environ ». Le curé l'enterre le lendemain, en présence de son fils Pierre et de trois paysans du village. Il prend soin de préciser qu'ils sont tous « illiterés ». Dans cette assistance, le défunt était sans doute l'un des rares hommes de plume.

Jean Seguin est notre sosa 7 088. Sa famille, ainsi que celle de sa femme, intervient à de nombreuses reprises dans notre arbre généalogique. C'est leur histoire que je vais essayer de vous raconter ce dimanche.

Soulages

Un contrat entre Soulages et le Duc

Le 19 juillet 1626, à La Canourgue, Me Antoine Portalier rédige le contrat de mariage de Jean Seguin, fils de Jean, notaire royal, et de Jeanne Bastide, avec Jeanne Pouget. Elle est la « honneste filhe » d'Antoine Pouget et de Valence Ladette, du Duc, paroisse de Banassac. Ce « filhe » à la forme occitane, dans un acte censé être en français depuis l'ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539 qui impose le français dans les actes, laisse entendre la langue qu'on parlait.

1626 seguin pouget debut cm

Entête et début de leur contrat de mariage (AD48)

Jean a environ 27 ans, calculés à partir de son acte de décès. Jeanne est bien plus jeune, sans doute une adolescente. Son frère Jean Pouget est présent et désigné comme « donataire des parents », c'est-à-dire héritier désigné de la maison du Duc.

Un contrat de mariage n'était pas l'affaire d'un jour. En 1629 puis en 1638, les actes reviennent sur la dot de Jeanne, avec une quittance à Jean Pouget, son frère. Entre-temps, leur père Antoine est devenu « feu Anthoine du Duc ». La dot se règle donc sur au moins douze ans. Le dossier montre le métier en action : des sommes à verser, un frère héritier qui doit s'acquitter envers sa sœur, un beau-frère notaire qui en donne quittance.

Qu'est-ce qu'un notaire royal ?

Sous l'Ancien Régime, il existait trois catégories de notaires : royaux, seigneuriaux et apostoliques. Un notaire royal tenait sa charge du roi : il fallait acheter un office, accordé par lettres de provision royales. L'hérédité des offices s'est installée progressivement. Une synthèse la date de 1597 sous Henri IV, et le droit annuel de 1604 (la « paulette ») a consacré la transmission des offices. Ces règles expliquent qu'un office passe du père au fils, comme chez les Seguin.

Les enfants connus de Jean et Jeanne

Je ne connais guère leurs enfants qu'au travers de leurs contrats de mariage, lorsque j'ai pu les retrouver.

  • L'ainé parait être Jean, prénommé comme son père. Notaire royal comme son père et son grand-père, il épouse en 1657 Catherine Michel, fille de Pierre Michel, marchand, et Louise Caussignac, du Bedos, paroisse de la Parade. Parmi les témoins figure Me Pierre Michel, notaire, frère de la mariée, que l'on rencontre à de nombreuses reprises sur ce blog. Deux familles de notaires s'unissent.
  • Pierre, notre ancêtre, est certainement le second. Le 10 février 1665, à Sainte-Enimie, c'est à son tour d'épouser Jeanne Comitis, fille d'un marchand de Perrières, devant Me Jean André. Ils auront six enfants.
  • Antoine, qui fut présent comme oncle aux mariages des enfants de ses frères.

Leur fin de vie

Jean père meurt en 1681. Jeanne Pouget le suit le 4 février 1691, qualifiée de « veufve » et de septuagénaire : un âge qui ne colle pas avec les actes. Son fils Jean, notaire royal qui savait signer, assiste à l'inhumation.

16810525 seguin jean sepulture

Mre Jean Seguin notaire de Solatges en ma paroisse âgé de quatre vingt et deux ans ou environ deceda en la foi de l'eglise après avoir receu tous les sacrements necessaires a salut le vingt quatrieme may mil six cent huitante un et feut enterre le vingt et cinq a notre cimetiere de St george presents pierre seguin son fils Jean arnal pierre poujol gabriel almeras tous paysans de solatges illiterés come aussi les parents en foy de quoy.

 

16910205 pouget jeanne sepulture

Jeanne pougette fame veufve du village de Solatges en ma paroisse âgée de septante années ou environ deceda en la foy de l'eglise le quatre febrier mil six cent nonante un apres avoir reçu tous les sacrements necessaires a salut et feut enterrée le cinq a nostre cimetière de st George present Jean seguin son fils, Jacques seguin son neveu, Jacques monziols Jean almeras tous paysans de st George illiterés comme aussi les autres parents en foy de quoy.

 

Les familles Seguin et Pouget dans notre arbre

Je disais en introduction de cet article que ces deux familles étaient très représentées dans notre arbre généalogique. Même si mes recherches ne sont pas terminées et que beaucoup de dates, de documents ne sont pas encore retrouvés, je vous laisse découvrir en cliquant sur les arbres ci-dessous les nombreux ancêtres que ces familles nous ont donnés. Et si vous possédez des renseignements complémentaires, je serais très heureuse de lire vos commentaires !

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