L'ancêtre du dimanche — Jean-Baptiste Goux, d'Armont au bourg de Varennes

Le 05/07/2026 0

Dans Les Bourguignons

Armont, un hameau qui n'a jamais cessé d'être Goux

Aujourd'hui encore, en cherchant dans l'annuaire de Varennes-Saint-Sauveur et de Dommartin-lès-Cuiseaux, on retrouve des Goux établis au hameau d'Armont. Cette permanence n'a rien d'un hasard : c'est là, sur cette poignée de fermes accrochées à la campagne de Saône-et-Loire, que la famille s'est enracinée génération après génération, de père en fils, de laboureur en cultivateur. Jean-Baptiste Goux — ou Gout, l'orthographe variant selon les actes et les curés, y naît le 26 septembre 1772, fils d'Étienne Gout et de Marie-Reine Ray, cultivateurs du hameau.

Signature de jean baptiste goux

Varennes Saint Sauveur

Une jeunesse passée sous la tutelle de deux oncles

Le destin ne lui laisse guère le temps de profiter longtemps de ses parents. Marie-Reine Ray meurt à Armont le 7 avril 1785, alors que Jean-Baptiste n'a que douze ans ; son acte de sépulture est déclaré par Claude Goux, qualifié de « beau-frère » de la défunte — autrement dit, le frère d'Étienne, donc l'oncle paternel du jeune garçon. Dix-huit mois plus tard, le 11 octobre 1786, c'est Étienne lui-même qui s'éteint à son tour, à quarante ans ; l'acte est de nouveau déclaré par ce même Claude Goux, cette fois explicitement nommé « son frère ». À quatorze ans, Jean-Baptiste se retrouve donc fils unique et orphelin de père et de mère.

C'est un autre oncle, cependant, qui assume officiellement la charge de tuteur : Laurent Goux, laboureur à Sainte-Croix. On le découvre grâce à l'acte de mariage religieux de Jean-Baptiste, célébré le 14 février 1792 à Varennes-Saint-Sauveur, qui le désigne comme « curateur et conseil judicial pourvu » du jeune homme, encore mineur. C'est Laurent qui autorise l'union, aux côtés de Jean Bessonnat, père de la future épouse.

Le premier foyer : Marie-Étiennette Bessonnat

L'acte de mariage de 1792, conservé et retranscrit, mérite d'être cité presque intégralement tant il est riche de détails :

« L'an 1792 et le quatorze février après les trois publications faites en la manière ordinaire sans avoir découvert d'empêchement quelconque, Jean Baptiste Goux laboureur à Dommartin fils mineur de furent Etienne Goux et de Reine Ray procédant de l'autorité, présence et consentement de Laurent Goux, laboureur à Ste Croix, son curateur et conseil judicial pourvu, et Etiennette Bessonnat fille procédant de l'autorité, présence et consentement de Jean Bessonnat laboureur de cette paroisse et de défunte Marie Pirat, ont reçu la bénédiction nuptiale du soussigné curé dudit Varennes [...] »

 

Jean-Baptiste a dix-neuf ans ; Marie-Étiennette Bessonnat, fille de Jean Bessonnat et de feue Marie Pirat, est elle-même déjà orpheline de mère. La cérémonie se tient à Varennes, paroisse de la mariée, grâce à une lettre de remise du curé de Dommartin. Détail révélateur des inégalités d'instruction de l'époque : seul Jean-Baptiste sait signer l'acte, ni son oncle-tuteur Laurent, ni son beau-père Jean Bessonnat, ni le témoin Jean-Claude Goux — encore un autre Goux — n'en sont capables.

De cette union naissent au moins six enfants entre 1794 et 1813 : une première Marie-Anne, morte à trois semaines en 1794 ; François (1795) ; une seconde Marie-Anne (1799) ; Claude Joseph (1801-1860) ; Pierre (1805-1878), qui épousera Marie Mutin à Beaupont en 1834 ; et Claude Marie (1813-1903), le petit dernier, né alors que Jean-Baptiste a quarante ans. La famille vit à Armont puis, semble-t-il, gravite autour du bourg de Varennes-Saint-Sauveur. Le mariage dure trente-six ans, jusqu'au décès de Marie-Étiennette le 28 janvier 1828, à son domicile.

Un second mariage à cinquante-cinq ans : la famille Sorgue

Huit mois plus tard à peine, le 9 septembre 1828, Jean-Baptiste, veuf, se remarie à Varennes-Saint-Sauveur avec Marie-Josephte Sorgue. Coïncidence frappante : elle est née le 16 mai 1792, l'année même où Jean-Baptiste épousait Marie-Étiennette Bessonnat — elle n'avait donc pas encore vu le jour lors de son premier mariage. En 1828, elle a trente-six ans, un âge assez avancé pour une mariée encore célibataire à l'époque : l'acte la dit explicitement « fille majeure », et rien dans les sources ne permet de savoir pourquoi elle n'avait pas convolé plus tôt.

L'acte civil, très complet — on est désormais sous le régime du Code civil et non plus seulement sous celui du mariage religieux — détaille la mécanique administrative de l'époque : publications affichées quinze jours durant sans opposition, extraits de naissance des deux époux, extraits de décès des parents de Jean-Baptiste et de sa première femme, le tout lu solennellement par l'officier public avant la cérémonie.

Marie-Josephte est fille de Joseph Sorgue, tisserand de toile et membre du conseil général de la commune, et de Marie-Josephte Landry. Parmi les témoins du mariage figurent Pierre Goux, fils du marié, âgé de vingt-trois ans, et Félix Célestin Sorgues, maître d'école et cousin germain de la mariée — signe que les deux familles, Goux et Sorgue, sont déjà bien connues l'une de l'autre dans le bourg.

De cette seconde union naît, le 21 août 1832, une fille unique : Marie-Rose, dite Rosalie, notre ancêtre — Jean-Baptiste a alors cinquante-neuf ans. Rosalie épousera François Goux et leur descendance comptera huit enfants.

Les dernières années au bourg de Varennes

Les recensements de 1841 et de 1846 montrent Jean-Baptiste installé au bourg de Varennes-Saint-Sauveur avec Marie-Josephte et leur fille Rosalie. Il y est qualifié de propriétaire et cultivateur. Il meurt le 31 décembre 1846, à dix heures et demie du soir, dans sa maison du bourg. Son décès est déclaré par deux de ses fils du premier lit — Claude Marie, cultivateur au Jaffonnay, et Jean Marie, domestique à Montjouvant.

Marie-Josephte Sorgue lui survit un peu plus d'un an et s'éteint à son tour le 8 janvier 1848, au bourg de Varennes, où elle exerçait le métier de couturière.

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Acte de décès de Jean-Baptiste Goux

Sa place dans notre arbre

Jean-Baptiste Goux
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