À 24 ans, le 4 février 1760, Jean-Baptiste-Antoine signe devant maître Desfaux, notaire royal de Meyrueis, son contrat de mariage avec Jeanne-Françoise Valgalier, fille d'un laboureur du village de Carnac, sur la paroisse de Saint-Chély-de-Tarn. Le document est d'une richesse exceptionnelle : on y voit le père Antoine, qui « a dit et déclaré ne savoir le faire », incapable de signer, tandis que son fils appose une signature assurée. La dot de la future épouse s'élève à 6 090 livres ; le père donne à son tour l'ensemble de ses biens, sous une cascade de réserves et conditions détaillées au cordeau — nourriture des sœurs au couvent, titre clérical du frère, pension viagère de la mère. Rien n'est laissé au hasard dans ces familles de notables de causse.

Signatures sur leur contrat de mariage
Le mariage est célébré le même jour à Saint-Chély. Mais le bonheur sera bref. Jeanne-Françoise met au monde trois enfants entre 1763 et 1766 : tous trois meurent en bas âge. Elle-même s'éteint le 23 juin 1767, à vingt et un ans à peine, léguant à son mari la jouissance du domaine de Carnac que son père lui avait apporté en dot.
Jean-Baptiste-Antoine se retrouve veuf, sans héritier, mais propriétaire d'une belle terre sur le Causse Méjean. Il lui faudra attendre 1771 pour se remarier. Sa seconde épouse, Suzanne-Élisabeth Henriette Meynadier — dite Henriette — appartient à une famille de robe de Vébron : son père est avocat en parlement, notaire, premier consul catholique de son village depuis trois générations. Le contrat, passé cette fois chez maître Planchon à Meyrueis, rassemble autour de la table tout ce que la région compte de figures de poids : avocats, notaires, cousins négociants, et le frère de l'époux, François-Alban Maurin, prêtre, qui bénira lui-même l'union dans l'église de Vébron. C'est lui aussi qui célèbre la cérémonie, ajoutant à la fête une touche d'intimité familiale.
Avec Henriette, Jean-Baptiste-Antoine aura une descendance proprement vertigineuse.