Le couple s'installe d'abord au Vernet, hameau natal de François, où naissent leurs trois premiers enfants : Claude (1703), Guillaume (1705) et Amable (1706). La famille déménage ensuite au Poyet-Bas, sans doute au moment où Claude Lacour père, remarié et vieillissant, y vit encore, puis, après 1709, s'établit définitivement à Chabanne, où naissent les cinq derniers enfants connus : Marguerite (1709), Catherine (1711), Marie (1713), Jeanne (1715) et Maurice (1717).
Cette mobilité à l'intérieur d'une même paroisse est révélatrice du statut de François : les actes le désignent tour à tour comme laboureur, puis comme métayer à Chabanne. La nuance compte. Le laboureur possède ou exploite en propre une terre suffisante pour labourer avec un attelage ; le métayer, lui, exploite une terre qui ne lui appartient pas, moyennant le partage des récoltes avec le propriétaire, souvent un signe de position sociale plus modeste, ou d'une terre familiale insuffisante pour tous les héritiers. Le passage de l'un à l'autre statut, au fil des déménagements, dessine en creux une trajectoire économique qu'on ne peut que deviner.
Les baptêmes des enfants confirment, acte après acte, l'ancrage de François dans un réseau familial serré : ses frères Claude et Guillaume sont parrains à deux reprises, sa belle-mère Catherine Russias est marraine de son premier enfant, Jeanne Archimbaud, la seconde femme de son propre père, devient marraine d'Amable. Et sa femme Françoise Montmailler est marraine d'Antoine, petit fère de François, né en 1706. On lit dans ces parrainages croisés une famille qui se tient, se répond, se rend service de génération en génération.