Joseph intègre le 27e Bataillon de Chasseurs Alpins, l'une des unités d'élite de l'armée française, dont la devise résonne comme un programme : Vivre libre ou mourir. Surnommés les « Diables bleus », les chasseurs alpins sont des soldats de montagne formés au combat en haute altitude, au ski, à l'escalade — un monde bien différent des causses lozériens, mais une exigence physique que le berger du Méjean est sans doute mieux armé qu'un autre pour affronter.
En juillet 1940, après la défaite, le bataillon est dissous par les clauses de l'armistice. Mais ses cadres, ses officiers, ses sous-officiers ne désarment pas pour autant. Ils entrent dans la clandestinité, constituent l'ossature de la Résistance en Haute-Savoie, et préparent patiemment le retour.
En janvier 1944, sur le plateau des Glières, 500 maquisards — pour la plupart d'anciens chasseurs du 27e BCA — tiennent tête, pendant deux mois, à plus de 2 000 soldats de la Wehrmacht et miliciens de Vichy. Cent vingt-neuf d'entre eux laissent leur vie sur ce plateau enneigé, fidèles jusqu'au bout à leur devise. Le lieutenant Tom Morel, qui commande le maquis, est tué en mars 1944. Le capitaine Anjot, qui lui succède, ordonne l'exfiltration et tombe à son tour dans une embuscade.
Les Glières deviennent un symbole.
Le 16 septembre 1944, le 27e BCA est officiellement recréé, à partir des bataillons FFI de Haute-Savoie. Parmi ceux qui le rejoignent ou qui y sont versés figure Joseph Boulet — désormais lieutenant, désormais Beldac, son nom de guerre reçu dans son régiment.
