Derrière ce prénom peu commun se cache Jean-François Mensire, notre sosa 696, plus souvent appelé Polycarpe dans les actes. Il voit le jour le 26 janvier 1760 dans le village normand de Saint-Saire, où il est baptisé le jour même. Fils de François Mensire et de Marie Normand, il grandit dans cette commune du pays de Bray, où il passera toute sa vie.
Comme beaucoup d’hommes de son époque dans les campagnes normandes, Polycarpe est cultivateur et devient également propriétaire foncier. Les actes montrent qu’il sait signer, signe d’une certaine instruction pour un rural de la fin du XVIIIᵉ siècle.
En 1794, en pleine période révolutionnaire, il épouse dans son village Marie-Françoise Harache, fille de Toussaint Harache et de Marie-Françoise Joly. Le couple fonde une famille nombreuse : six enfants naissent à Saint-Saire entre l’an III et 1811. Plusieurs d’entre eux resteront dans la région et deviendront à leur tour cultivateurs ou propriétaires, perpétuant l’ancrage familial dans le pays de Bray.
La vie de Polycarpe prend ensuite une dimension publique. De 1819 à 1824, il est maire de Saint-Saire, fonction qu’il exerce sous la Restauration. Dans ces petites communes rurales du début du XIXᵉ siècle, le maire est souvent choisi parmi les propriétaires respectés du village. Son rôle est essentiel : tenir l’état civil, appliquer les décisions administratives et représenter l’autorité dans la commune.
Après le décès de sa première épouse en 1819, Polycarpe se remarie en 1822 avec Marie-Madeleine Bavent, une herbagère veuve du village. Il a alors 62 ans.
Il s’éteint quelques années plus tard, le 15 décembre 1828, toujours à Saint-Saire, à l’âge de 68 ans. Sa vie s’est déroulée presque entièrement dans ce même village dont il fut un temps le maire, laissant l’image d’un cultivateur devenu notable local, typique des élus ruraux du début du XIXᵉ siècle.