Aujourd'hui, c'est la fête des grands-mères !

Le 01/03/2026 1

Dans La Lozère

Aujourd’hui, dimanche 1er mars, c’est la fête des grands-mères.
Les miennes ne sont plus là, mais cette journée est l’occasion de les faire revivre un peu, à travers mes souvenirs.

Il y aurait tant à dire…
Elles étaient si différentes l’une de l’autre : par leur personnalité, leur allure… et même par leurs racines.

Marie Virginie Joséphine Boulet (1910-1994)

Ma grand-mère paternelle était lozérienne de souche. Née dans le hameau de Hures, sur le Causse Méjean, elle était l’aînée de six enfants dans une famille de cultivateurs. Épouse de gendarme et mère de neuf enfants, elle vivait à Rodez quand j’étais petite. Je ne la voyais qu’une ou deux fois par an.

Elle m’impressionnait énormément.

Petite femme vive et un peu boulotte, elle avait le parler franc et n’avait pas la langue dans sa poche. À la maison, c’était elle « qui portait la culotte », disait mon père. Elle nous grondait en patois occitan — je n’y comprenais rien, mais le ton ne laissait aucun doute !

Je me souviens des vacances en Lozère : le tour des cousins, plus ou moins lointains, et celui des cimetières aussi — comme un pèlerinage familial.

Mon père la décrivait avec tendresse et amusement : "Le soir, une fois les enfants couchés, elle parlait seule, à (très) haute voix, refaisant le film de la journée. Mon père en prenait pour son grade, puis les enfants, du plus grand au plus petit. Tout cela dans une langue imagée, mélange savoureux de français et de patois, riche d’adjectifs colorés et de superlatifs pittoresques.
L’une de mes soeurs se faisait traiter de « Marie des Horts » ou « grande flandrinasse », mon père devenait « pourcas », moi « bestias », « bestiassas », ou encore « grande banaste sans vergogne »…"

Une vraie femme de caractère...

Ma grand-mère, Marie Boulet

Marie-Louise Goux (1907-2003), "mémé Lilise"

Marie-Louise Goux

J’ai davantage connu ma grand-mère maternelle.

Née à Chalon-sur-Saône, elle a vécu à Tavaux, dans les cités Solvay où travaillait mon grand-père. Après son décès, elle est retournée vivre à Chalon, rue de l’Industrie, dans un appartement qui sentait les dimanches en famille.

Nous y allions très régulièrement, et elle séjournait souvent à la maison, où elle avait sa chambre. Ma mère étant fille unique, mon frère et moi étions ses seuls petits-enfants.

« Mémé Lilise » était une femme frêle, qui se disait de santé fragile… bien qu’elle ait vécu jusqu’à 96 ans ! Elle n’a jamais travaillé et, dans sa jeunesse, faisait très « pin-up » — élégante, coquette, un brin glamour.

Avec elle, c’était la douceur, la présence tranquille, les habitudes rassurantes. 

Une autre forme de force.

Deux femmes.
Deux univers.
Deux héritages.

Aujourd’hui, je mesure la chance d’avoir eu ces deux racines si différentes : l’une rugueuse et terrienne, l’autre délicate et citadine. Elles ont façonné, chacune à leur manière, un peu de ce que je suis.

En ce jour de fête des grands-mères, je pense à elles avec tendresse.
Et je souris en imaginant ce qu’elles diraient l’une de l’autre.

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Commentaires

  • Catherine Livet

    1 Catherine Livet Le 01/03/2026

    Très jolies mises en avant de deux personnalités, si différente l'une de l'autre, on s'attache aux deux personnes.

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