Reconnaissance du travail bien fait

Le 20/11/2025 0

Dans Les Bourguignons

En feuilletant les journaux anciens en quête d'inspiration, on tombe parfois sur une surprise : un nom très familier, celui d’un ancêtre. C’est ainsi que j’ai découvert, dans le Courrier de Saône-et-Loire du 10 février 1939, une petite annonce listant les récipiendaires de la médaille du travail. Parmi eux : Alexandre Goux, mon arrière-grand-père.

19390210 courrier sl

La médaille du travail en 1939

France medaille de vermeil du travail

Instituée au XIXème siècle, la médaille du travail avait pour vocation d’honorer la fidélité et la durée de service des salariés. Elle constituait une véritable reconnaissance sociale dans un monde où les carrières se faisaient souvent dans la même entreprise ou le même secteur.

En 1939, la médaille se déclinait en plusieurs degrés :

  • Argent pour 20 ans de service,
  • Vermeil pour 30 ans,
  • Or pour 35 ans,
  • Grand Or pour 40 ans et plus.

Alexandre Goux reçut la médaille de vermeil, ce qui signifie qu’il avait derrière lui trois décennies de travail continu, probablement dans le même univers professionnel, celui du verre. Cet insigne matérialisait non seulement son ancienneté, mais aussi son assiduité et la qualité de son engagement. Dans une société où les ouvriers étaient rarement mis en avant, cette distinction représentait une forme de visibilité et de reconnaissance officielle.

Alexandre Goux, ouvrier verrier

Mon arrière-grand-père apparaît dans la liste des employés des Verreries Aupècle, aux côtés d’autres ouvriers et contremaîtres. Il exerçait alors le métier d’ouvrier verrier, un travail exigeant qui demandait force, précision et résistance à la chaleur. Recevoir la médaille de vermeil, c’était être reconnu non seulement par l’État, mais aussi par ses pairs et sa communauté locale, comme un homme de constance et de savoir-faire.

Mais qui était-il ?

On le voit ici à la fin de sa vie aux côté de sa femme Marie-Louise Bonin (voir l'article : Marie-Louise Bonin, seconde arrière-grand-mère maternelle). Né à Varennes-Saint-Sauveur en 1861, il s'est marié sur le tard, à l'âge de 38 ans. Il a commencé à travailler aux Verreries Aupècle après son mariage en 1899 et y a fait toute sa carrière. Il a eu trois enfants, Renée, Alexandre, et ma grand-mère, Marie-Louise.

Il reçoit cette médaille en février 1939, peu avant sa mort qui survient en septembre de cette même année, à l'âge de 78 ans.

Dans l'ombre des fours

 
 

La verrerie de Chalon était un lieu de production intense, où le verre se façonnait au quotidien en bouteilles et récipients destinés à l’industrie et à la consommation courante. Derrière les flammes des fours, des hommes comme Alexandre Goux participaient à une chaîne de production essentielle à l’économie locale. Cette société existait depuis le début du XXème siècle et a été absorbée en 1961 par Saint-Gobain. Elle structure encore aujourd'hui la ville de Chalon-sur-Saône : le quartier de la Verrerie (où habitaient mes arrière-grands-parents)

Chalon sur Saône - Les verreries Aupècle en 1914

En 1939, la remise de la médaille de vermeil à Alexandre Goux atteste d’un parcours professionnel de plus de trente ans dans l’industrie verrière chalonnaise. La presse locale en garde la trace, au même titre que celle de nombreux autres ouvriers et employés de la région. Cette mention, brève mais précise, permet aujourd’hui de mieux situer son rôle dans la vie économique et sociale de Chalon à la veille de la Seconde Guerre mondiale.

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