Louise Taboulot, une vie de paysanne en Bourgogne

Le 15/03/2026 0

Dans Les Bourguignons

Dans les registres paroissiaux de Saône-et-Loire, certaines vies apparaissent par petites touches : quelques lignes d’encre, des signatures absentes, des noms parfois oubliés. 
Louise Taboulot, notre sosa 1 905, est de celles-là.
Née sous le règne de Louis XIV, elle traverse la fin du XVIIᵉ siècle et les premières décennies du XVIIIᵉ dans les campagnes bourguignonnes, au rythme du travail de la terre et des événements familiaux.
Ce dimanche 15 mars, date anniversaire de son baptême et jour de la Sainte Louise, je vais tenter de vous raconter son histoire.

Dimanche femme

Une naissance sous le règne de Louis XIV

Louise est baptisée le 15 mars 1676 à Maltat, en Saône-et-Loire. Elle est la fille de Claude Taboulot et Jeanne Maupois. Le registre paroissial mentionne :

« Ce 15 mars 1676 a été baptisée Louise fille de Claude Taboulot et de Jeanne Maupois et ont été parrain et marraine Philibert Laplace et Louise Ourot qui ne savent signer… »
Maltat église

Cette simple phrase nous apprend déjà beaucoup. Comme la plupart des paysans de l’époque, le parrain et la marraine ne savent pas signer, signe d’un monde rural encore largement illettré. Louise elle-même ne saura jamais écrire son nom.

Elle grandit dans une Bourgogne rurale où l’immense majorité de la population vit de l’agriculture. Les villages sont petits, les déplacements rares et les familles souvent enracinées dans le même terroir depuis des générations. Je ne sais pas encore grand-chose sur ces parents, ni sur ses éventuels frères et soeurs ...

Une première vie de famille

Laboureur

La jeunesse de Louise reste mal connue ; le premier acte de mariage trouvé semble un remariage ; elle semble en 1712 être veuve d'un premier mari, Adrien Bailly, dont elle aurait eu un fils, Jacques, né vers 1700.

Le 9 février 1712, à Martigny-le-Comte, elle épouse Jean Laprais, laboureur. Il a quarante ans, elle en a trente-cinq.

Le curé note :

« J’ai donné la bénédiction nuptiale à Jean Lapraie laboureur de la paroisse de Palinge et à Louise Taboulot… en présence de Giraud Buisson, Philibert Philippe et sieur Jean Blanc qui ne savent signer. »

Là encore, aucun des témoins ne sait signer. La scène est typique de ces mariages villageois où tout le monde se connaît.

Avec Jean Laprais, elle aura quatre enfants :

  • Émiland Laprais (1712-1775), ancêtre de la lignée, notre sosa 952.
  • Michel (1715), Benoît (1716) et Léonard (1719) dont je n'ai pas étudié la destinée.

Le couple vit au rythme des déplacements agricoles dans la région : Ciry-le-Noble, Palinges ou encore Saint-Eugène, au lieudit "Glorienne". Jean Laprais y est laboureur.

Une étonnante histoire de mariage

La vie réserve parfois des situations familiales surprenantes. Celle de Louise en offre un bel exemple.

Le 3 avril 1731, elle se remarie avec Émiland Laplace, laboureur à Vernizy (Uxeau). Lui a environ 62 ans, elle 55 ans.

Mais ce mariage possède une particularité : il a lieu le même jour que celui de leurs enfants respectifs. En effet, Émiland Laplace est le père de Marguerite Laplace, qui épouse ce jour-là Émiland Laprais, le fils de Louise.

Ainsi, le père et le fils se marient le même jour… chacun avec la mère ou la fille de l’autre.

Les familles paysannes formaient souvent des réseaux très imbriqués, où alliances et voisinage se mêlaient étroitement.

Le registre indique simplement :

« Ont reçu la bénédiction nuptiale Esmiland Laplace laboureur à Vernisi paroisse de Bessy et Louise Taboulot… en présence de plusieurs qui ne savent signer. »

Les dernières années à Bessy

Louise passe ses dernières années à Bessy, aujourd’hui rattaché à Uxeau, dans le Charolais. Elle y meurt le 24 janvier 1734, à environ 57 ans. Elle est inhumée le lendemain.

Le curé écrit :

« Ce jourd’huy 25e janvier 1734 a été inhumé dans le cimetière de Bessy Louise … femme de Milland Laplace laboureur à Vernizy âgée d’environ soixante-deux ans. »

 

Son second (ou troisième) mari lui survit jusqu'en 1739. Lui aussi a une histoire particulière : marié trois fois à trois de nos sosas, il est le père de deux de nos ancêtres !

Son histoire complète méritera certainement un prochain article !

Frise individuelle de Taboulot Louise
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