Au fil des actes, les métiers de Vincent Tisserand racontent une lente glissade sociale. D’abord tissier de toile, puis manouvrier, ensuite cultivateur. Des activités modestes, déjà, mais qui supposent encore de travailler, de produire, de vivre du fruit de ses mains.
Mais le dernier mot appartient à l’acte de décès. En 1807, Vincent meurt à l’âge de 66 ans. Et cette fois, le registre paroissial le qualifie d’un seul mot : mendiant.
Ce terme, brutal dans sa simplicité, dit beaucoup de la fragilité des existences à cette époque. Vieillir, tomber malade, perdre sa force de travail suffisait parfois à faire basculer un homme dans la pauvreté la plus totale.
Et pourtant, derrière cette fin de vie difficile demeure une trace bien plus durable : seize enfants (dont 9 morts en bas-âge, et 7 ayant fondé une famille) et une descendance qui traverse les siècles.
Sa troisième femme, Marie Blondet, a vécu jusqu'à l'âge de 74 ans. Elle est décédée en 1838, elle habitait le hameau de Montjouvent, à Varennes, chez sa fille Marie-Françoise.