De leur union naissent six enfants, dont les trajectoires illustrent parfaitement la diversité des voies offertes à cette génération privilégiée. Les filles comme les garçons occupent des positions qui oscillent entre bourgeoisie, clergé et alliances stratégiques.
Marthe Pourquery épouse Pierre Bernat, bourgeois et marchand à Cabanac, consolidant les liens commerciaux de la famille. Marguerite, née en 1728, entre en religion au couvent de l’Arpajonie ; après la fermeture des établissements religieux, elle revient vivre avec ses frères et meurt en 1813, témoin silencieux de la fin d’un monde. Rose reste célibataire et décède relativement jeune.
Les fils, eux, incarnent pleinement le rayonnement de la famille. Antoine Jean Pourquery, notre ancêtre, poursuit la lignée au Bourg et sera avocat comme son père.
François, surnommé La Bartasserie, embrasse l’état ecclésiastique. Comme il était d’usage, ce surnom fait référence aux terres possédées par la fratrie, chaque frère portant ainsi un nom distinctif. En 1782, il règle sa situation matérielle par un acte notarié, obtenant une rente annuelle fournie par son frère, tout en conservant les biens en indivision. Très présent dans la vie familiale, il est parrain, témoin, et soutien constant de ses neveux et nièces.
Jean-Pierre, dit l’abbé de Boyne, né en 1736, suit également la voie du clergé. Ordonné prêtre en 1771, il est nommé sous-directeur de Notre-Dame de Lorette, près de Séverac, charge réelle qui l’oblige à résider sur place. La Révolution bouleverse brutalement cette existence : la maison des prêtres est saccagée, et Jean-Pierre doit se réfugier ailleurs, notamment à Recoulette en 1793, avant de revenir au Bourg. Inscrit à tort sur la liste des émigrés, il parvient à faire effacer son nom en 1797. Sa position ambiguë — prêtre sans charge paroissiale officielle — le place en marge des obligations de serment civique, ce qui nourrira rumeurs et soupçons. Il meurt tragiquement en 1801, assassiné avec son neveu Beaupré, ultime illustration de la violence qui marque la fin de l’Ancien Régime pour cette famille autrefois toute-puissante.