La famille de Mostuéjouls

Le 07/03/2026 2

Dans La Lozère

Dans un arbre généalogique, certains noms défilent presque mécaniquement au fil des générations. Et puis, parfois, l’un d’eux arrête net la lecture.

C’est exactement ce qui m’est arrivé en arrivant à la sosa 28 343 de mon arbre : Judith de Mostuéjouls, née vers 1550 et morte en 1598. À ce stade des recherches, on se trouve déjà loin dans le passé. Pourtant, ce nom-là semblait porter quelque chose de plus : un lieu, une histoire, peut-être même une lignée.

Car Mostuéjouls n’est pas seulement un patronyme. C’est aussi un village accroché aux falaises des gorges du Tarn. Et au-dessus du village se dress un château qui appartenait autrefois à une ancienne famille noble du Rouergue : les de Mostuéjouls.

Alors une question s’est imposée presque naturellement : qui était vraiment Judith de Mostuéjouls ? Était-elle une descendante de ces seigneurs locaux, une branche cadette oubliée par l’histoire, ou simplement une héritière d’un nom déjà sorti de la noblesse ?

Pour tenter de répondre à ces questions, il faut remonter plusieurs siècles en arrière et partir à la rencontre d’une famille qui a marqué l’histoire des Causses et des gorges du Tarn.

 

Les Mostuéjouls, une très ancienne famille du Rouergue

Cette famille, d'antique chevalerie, tire son nom du lieu de Mostuéjouls, près de Peyreleau. Elle prouve sa noblesse depuis l'année 1225. Selon la légende, elle serait originaire du château troglodyte de Saint-marcellin. Elle apparait dans les archives au XIe siècle. Au XIIe siècle, le causse noir devient l'apanage du roi d'Aragon, vicomte de Millau et du Gévaudan, et le causse Méjean, celui de la famille d'Anduze-Roquefeuil. Toutes ces influences  montrent l'importance stratégique de Mostuéjouls, située au confluent du Tarn et de la Jonte et au débouché des voies vers Millau et Rodez.

Elle compte parmi ses membres :

  • Guillaume de Mostuéjouls (mort vers 1307), sénéchal du comté de Rodez

  • Raymond de Mostuéjouls (frère de Guillaume), évêque de Saint-Flour en 1317, puis de Saint-Papoul en 1319, cardinal en 1327

  • Charles-François-Alexandre de Mostuéjouls (1769-1849), maire de Mostuéjouls, président du Conseil général de l'Aveyron (1818-1820 et de 1827 à 1829), député de l'Aveyron (1820-1827), pair de France (1827-1830), chevalier de Saint-Louis, chevalier de la Légion d'honneur.

  • Amédée-Hippolyte-Marie-Antoine de Mostuéjouls (1777-1849), député de l'Aveyron (1827-1830)

 

Blason famille de Mostuéjouls

"De gueules, à la croix fleurdelisée d'or, cantonnée de quatre billettes de même"

Sources :

Mostuéjouls

Et dans mon arbre généalogique ?

L'ancêtre "la plus récente" à porter ce nom parmi mes ancêtre s'appelait Judith (ou Jacquette) de Mostuéjouls, dite "Alaman". Il s'agit de notre sosa 28 343, autant dire que cela ne date pas d'hier ! Elle était fille de Bertrand de Mostuéjouls et d'Anne de Curières, née vers 1550 au château de la Caze, dans les gorges du Tarn.

Son père Bertrand, seigneur de Saint-Marcellin et de la Caze, était un cadet de la famille de Mostuéjouls. Il avait  épousé Anne de Curières, dite Alaman, et vivait au château de la Caze. 

Judith, quant à elle, s'est mariée à Jean de Malian, seigneur de Grandlac et autres places, originaire de la Canourgue. Leur contrat de mariage a été établi le 12 novembre 1571 auprès d'Etienne Dubruelh, notaire royal à Sainte-Enimie. Disponible sur le site de Brozer Archives, je n'ai malheureusement pas réussi à en déchiffrer les pattes de mouches !

 

1571 malian mostuejouls cm
Les Mostuéjouls dans mon arbre par Emmanuelle Déchamps

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Semaine 38 : Une nymphe du Tarn parmi mes ancêtres ?

Assez prétentieux comme titre d'article non ? Mais si je ne me suis pas trompée dans mes recherches, l'une des filles de Soubeyrane Alamand, qui sont représentées sur le plafond de la "salle des nymphes" du Château de la Caze, serait effectivement ma sosa 47 839 !

Un peu lointain pour l'appeler mamie tout de même !

Château de la Caze (Photo Midi Libre)

Le 17/09/2022

Jean de Malian et Jacquette de Mostuéjouls

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Blason famille de MalianAvec Jean de Malian et Jacquette de Mostuéjouls, nous entrons dans les cercles de la petite noblesse du Gévaudan. Leurs armes, relevées en 1669, témoignent de leur rang : « D’or, à l’aigle éployée de sable armée de gueules ; écartelé d’azur, à trois molettes d’éperon d’or, et un maillet de même en cœur ». Mais au-delà des blasons, c’est une histoire de terres, de alliances et de transmission qui se dessine.

Le 09/11/2025

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Commentaires

  • Marthe

    1 Marthe Le 14/03/2026

    Toujours un régal de lire vos articles !
    L'ancrage régional et les noms de lieux que je croise dans ma propre généalogie y sont certainement pour quelque chose. ^^
    edechamps

    edechamps Le 15/03/2026

    Merci beaucoup !!! Je suis également fan de votre blog car j'y retrouve également des racines communes : et dans le Rouergue mais aussi au travers des racines hollandaises de mon mari !

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